Édito Été 2021

Mais qu’allez-vous faire après ?

J’accueille avec joie cette question qui m’est si souvent posée. D’une manière assez habituelle, lorsqu’un curé quitte une paroisse, il devient curé d’une autre paroisse. Ce ne sera pas le cas pour moi. Mais alors vous ne serez plus prêtre ? Occasion de rappeler que le mot
«curé» désigne une fonction : responsable d’une paroisse. Etymologiquement, le curé est celui qui habite la cure, c’est à dire le presbytère, et celui qui habite la cure est en charge de la paroisse. Un curé est forcément un prêtre mais tous les prêtres ne sont pas curé. Ce n’est donc pas parce que je ne serai plus curé que je ne serai plus prêtre. Peut-être, avons nous perdu l’habitude qu’un prêtre ne soit pas curé mais dans l’histoire il y en a eu beaucoup : des prêtres qui étaient professeurs par exemple, pour l’église, c’est un autre mode de présence au monde.
Venons-en à ce que je vais faire après : Je m’embarque ( je donne à ce verbe de multiple significations, entre autre celle d’aventure ecclésiale : la barque dans l’Évangile désigne souvent l’Église) dans un projet qui s’appelle « Grâce au jardin ». Il prend forme petit à petit, il s’agit d’une ferme de maraichage qui sera un chantier d’insertion mis en oeuvre par une association de Dreux, un jardin de proximité avec les resto du coeur, l’installation d’un jeune maraîcher (dans l’esprit pépinière d’entreprise), un jardin expérimental, une forêt comestible, un atelier de poules. Nous accueillerons largement pour des formations, des découvertes (avec les écoles)… nous travaillons en partenariat avec le lycée Nermont de Chateaudun.
« Grâce au jardin » se situe sur la commune de Tremblay les villages: une commune constituée de six anciens villages, à mi chemin entre Dreux et Chartres.
C’est en retravaillant le texte du Pape François « Laudato si » que j’ai senti cet appel à revenir à ma première vocation : l’agriculture. J’ai passé des diplômes agricoles avant d’entrer au séminaire. Un appel qui permet à l’Église d’être moteur dans le domaine de la transition écologique, comme le dit Gaël Giraud, prêtre jésuite économiste de grande renommée, « l’Église depuis ce texte se doit d’être devant en matière d’écologie intégrale ». C’est cette écologie intégrale que je souhaite servir et dont parle le Pape François (n’hésitez pas à lire ou relire Laudato si que vous trouvez facilement en librairie ou sur internet, c’est un texte tout à fait accessible qui a beaucoup touché, bien au delà du monde chrétien).
La forêt comestible interroge beaucoup, il s’agit d’une forêt, autrement appelé forêt gourmande ou jardin forêt, constituée de multiples essences d’arbres, toutes plus ou moins comestibles pour l’homme.
Mon logement sera à la maison diocésaine à Chartres (La visitation).
Je vais continuer mon travail à la CEF (Conférence des évêques de France) dans l’équipe du Snpls (service national de pastorale liturgique) sur le sujet des funérailles.
N’hésitez pas à visiter le site internet de Grâce au jardin pour plus d’information et pour nous soutenir si vous le souhaitez.

www.grace-au-jardin.fr

> Abbé Jean-Marie LIOULT